Auteur : Victor Neagu, Directeur des communications et du marketing, Cowater International
J’ai récemment voyagé au Pérou pour une série d’événements de clôture liés au projet MEGAM. MEGAM est l’acronyme espagnol de « Amélioration de la gestion environnementale des activités minières et énergétiques au Pérou » – une initiative de 8 ans d’une valeur de 15,2 millions de dollars canadiens, financée par Affaires mondiales Canada et mise en œuvre par Cowater International.
La mission du projet m’a tenu sur la route pendant huit jours complets, s’étendant des Andes à couper le souffle de Puno à la ville historique de Trujillo – le « berceau de la liberté » du Pérou, et de la brise océanique rafraîchissante de Lima à la chaleur tropicale de Piura. Enfant, j’avais voulu visiter le Pérou pour satisfaire ma soif d’histoire inca – une carte de visite qui attire chaque année des millions de visiteurs du monde entier vers cette nation sud-américaine. En tant qu’adulte et professionnel du développement, j’ai eu le privilège de découvrir un pays façonné par une richesse culturelle expansive et dynamisé par la perspective d’un avenir plus prospère.

Cette semaine, alors que le secteur canadien du développement marque la Semaine internationale du développement 2024 – une célébration de l’engagement du Canada à construire un monde plus inclusif et prospère – j’ai pris le temps de réfléchir à la contribution du financement canadien et de l’expertise de Cowater à la construction d’une voie de développement plus durable pour le Pérou.
Sans surprise, une grande partie de la prospérité du Pérou provient de ses vastes ressources minérales. En tant que l’un des plus grands producteurs mondiaux d’or, d’argent, de cuivre et de zinc, la dotation naturelle du pays joue un rôle important dans la définition de sa trajectoire socio-économique. Un secteur minier dynamique peut bénéficier à tous les Péruviens grâce à des investissements publics plus élevés et de meilleurs emplois, mais offrir de meilleures opportunités aux Péruviens aujourd’hui devrait considérer les besoins de demain. L’intégration d’approches durables aux activités minières et énergétiques est une priorité nationale pour le Pérou et essentielle pour préserver l’environnement unique et diversifié du pays.
Pour soutenir l’engagement du Pérou à renforcer la gestion environnementale, le projet MEGAM s’est associé au ministère péruvien de l’Environnement, au ministère péruvien de l’Énergie et des Mines, au Service national de certification environnementale et d’investissements durables (SENACE), à d’autres organismes nationaux, ainsi qu’à cinq gouvernements régionaux dans les provinces d’Apurimac, Arequipa, La Libertad, Piura et Puno, pour s’attaquer à trois priorités majeures.
Premièrement, améliorer les processus d’évaluation environnementale. L’un des changements clés introduits dans ce domaine a été l’opérationnalisation de la plateforme EVA par SENACE. EVA est un outil numérique qui facilite l’évaluation en ligne des études d’impact environnemental (EIE) et a contribué à renforcer la coordination intergouvernementale et le partage d’informations dans l’évaluation de projets majeurs qui portent une empreinte environnementale. EVA s’est étendue au-delà de l’exploitation minière et de l’énergie pour évaluer des projets dans le domaine des transports, de l’agriculture et d’autres secteurs, démontrant une forte appropriation nationale dans la mise à l’échelle d’une solution numérique efficace. Pour en savoir plus sur EVA, cliquez ici.
Deuxièmement, renforcer la surveillance et la supervision environnementales. En travaillant avec les gouvernements régionaux d’Apurimac, Arequipa, La Libertad, Piura et Puno, MEGAM a introduit et formé le personnel technique au niveau régional à l’utilisation de l’équipement Metalyzer. Metalyzer surveille la qualité de l’eau dans les bassins fluviaux affectés par les activités minières informelles. L’information est mise à disposition des autorités régionales et fournit les données nécessaires pour lutter contre la contamination de l’eau par la sensibilisation, la mobilisation communautaire et les mesures de contrôle.
Troisièmement, le projet a soutenu un rôle plus important pour les femmes et les groupes vulnérables dans la gestion environnementale. Dans la ville d’Azangaro, qui se trouve à environ 2,5 heures au nord de Puno, l’activiste Guillermina Turpo m’a parlé avec passion de certaines des principales préoccupations environnementales vécues dans sa région, principalement la pollution de l’eau avec de l’arsenic et du mercure résultant de l’exploitation minière informelle. Guillermina est membre du Comité local de surveillance environnementale (CSE), qui a été mis en place avec le soutien de MEGAM mais a pris vie par lui-même et est maintenant entièrement géré par des représentants de la communauté locale. Les CSE jouent un rôle critique en signalant les défis environnementaux aux autorités élues localement et en s’assurant que les considérations environnementales clés sont incluses dans l’agenda politique de leurs localités.
Au Pérou, l’autonomisation des communautés, le renforcement de la capacité institutionnelle pour la supervision et la surveillance environnementales, et le renforcement de la coordination entre les institutions gouvernementales façonnent de nouvelles façons de s’attaquer aux défis environnementaux. Alors que nous réfléchissons à l’importance des pratiques environnementales durables pour la croissance à long terme d’un pays, je vous invite à visiter le site web de MEGAM pour en savoir plus sur la contribution du projet au parcours de développement du Pérou.


