Lutter contre la sécheresse et la désertification induites par le climat au Ghana : une approche axée sur la communauté

juin 14, 2024

Alors que les températures mondiales atteignent des niveaux records et que les régimes de précipitations deviennent de plus en plus irréguliers, les conséquences désastreuses du changement climatique, telles que la sécheresse, la dégradation des terres, les tempêtes et les inondations, s’intensifient. Dans des pays comme le Ghana, qui dépendent fortement de secteurs sensibles au climat tels que l’agriculture, la pêche et la foresterie, ces crises environnementales posent non seulement des menaces écologiques, mais aussi des défis essentiels aux moyens de subsistance des communautés et au développement global.

Rien qu’en 2020, le Ghana a subi des pertes économiques directes dues à la sécheresse s’élevant à 95 millions de dollars US. Sans intervention significative, ces pertes devraient augmenter pour atteindre plus de 325 millions de dollars par année d’ici 2050. L’impact est particulièrement grave dans les pays classés dans les catégories de développement humain faible ou moyen selon l’IDH.[1] Ces pays se caractérisent par des revenus plus faibles, des taux de pauvreté plus élevés, une espérance de vie et un niveau de scolarité plus faibles. Ces pays souffrent également de disparités sociales et entre les sexes plus prononcées et possèdent des capacités d’adaptation minimes ou limitées.

Solutions axées sur la communauté

Pour relever les défis du changement climatique au Ghana, il faut une approche localisée et axée sur la communauté. Les solutions doivent être adaptées aux vulnérabilités climatiques spécifiques de chaque communauté, répondre aux besoins de financement locaux et s’harmoniser avec les systèmes gouvernementaux et de marché. Par exemple, l’introduction de cultures résistantes à la sécheresse et de systèmes communautaires de gestion de l’eau a donné des résultats prometteurs dans plusieurs districts locaux, ce qui démontre l’efficacité des initiatives locales.

Améliorer le financement climatique local

Les ressources financières visant à répondre aux besoins d’adaptation au climat jouent un rôle crucial dans ces efforts, des ressources qui demeurent actuellement rares ou inaccessibles. L’élargissement de l’accès au financement climatique et sa localisation sont conçus pour produire trois résultats clés :

  • Offrir des avantages directs aux communautés, en favorisant les améliorations socio-économiques et environnementales qui promeuvent l’égalité des sexes et l’inclusion.
  • Renforcer la capacité et l’appropriation des administrations locales à planifier les interventions, à gérer les fonds et à surveiller de manière transparente les dépenses et les résultats.
  • Mobiliser des fonds supplémentaires, en débloquant de nouveaux investissements grâce à des sources de financement novatrices.

Pour résoudre les problèmes liés aux changements climatiques tels que la dégradation des terres, la sécheresse et la désertification, les tempêtes et les inondations dans les pays vulnérables comme le Ghana, le financement climatique localisé est très logique. Premièrement, il priorise les besoins d’adaptation urgents des populations les plus marginalisées et touchées de manière disproportionnée. Deuxièmement, il relie les solutions d’atténuation de la sécheresse et de restauration des terres aux chaînes de valeur économiques locales et aux priorités de développement socioéconomique (renforçant ainsi l’analyse de rentabilisation pour les investissements futurs). Et enfin, il offre la possibilité de combler le déficit de financement des administrations locales souvent aux prises avec des contraintes budgétaires et des capacités limitées.

Étude de cas : le projet SIGRA de Cowater

Le projet SIGRA de Cowater, financé par Affaires mondiales Canada, illustre cette stratégie en action. Lancée en 2023, l’initiative est conçue pour stimuler les investissements dans l’adaptation aux changements climatiques tenant compte des sexospécificités au niveau local. Il fournit une assistance technique essentielle pour renforcer la gouvernance et les systèmes nationaux en collaborant avec les principaux ministères, départements et organismes (MDA). De plus, le projet offre des contributions financières aux administrations de district, facilitant le financement et la mise en œuvre de projets locaux d’adaptation aux changements climatiques tenant compte des sexospécificités. Cette approche globale permet non seulement d’autonomiser les entités locales, mais aussi d’améliorer la résilience des communautés en permettant des réponses adaptées à leurs défis climatiques uniques.

[1] https://ourworldindata.org/grapher/human-development-index-groups

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